Projet DEPARDON

Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 18:37

4. "Arrêts sur Images" Projet DEPARDON  La photographie documentaire Janvier 2010
Séance 4 Elèves photographes "à la manière de"
Réalisation de deux photographies par binôme inspirées des espaces Errance, Villes ou Paysans (transposés en Errance, Collège ou Collégiens)

Après avoir repris en commun la caractérisation de chaque espace de l'exposition , chaque binôme fait un projet de photographie dans deux des thèmes.

Caractéristiques des thématiques
4 Depardon Errance
- Errance : noir et blanc, format portrait, finesse du grain, thèmes : frontières, espaces intermédiaires, personnes silhouettes, souvent une fermeture à droite, parfois un mur aveugle, des espaces très ouverts, arrêt sur un lieu, temps de repos, de regard et de méditation.




4 Depardon Villes Rio
- Villes / Collège : couleurs (claires), format portrait, thèmes : personnages de face, de dos, seul ou en groupe, dans "leur milieu" en activité quotidienne, sans pose, un ensemble d'images pour un lieu.




4 Depardon Paysans
- Paysans / Collégiens : noir et blanc ou couleur, portraits, de face, dans son environnement propre, assis, posé, (regardant le photographe), un ensemble d'image pour un "groupe social"






Réalisation des images
"Correction" des erreurs.
Choix de 2 images les plus réussies.
Publication papier (exposition CDI) + publication en ligne à venir.
Chaque image est publiée sur une feuille A4 (coloris rappelant l'exposition) accompagnée de la réponse rédigée à une / deux question(s) posées lors de l'exposition.

Par Le Fil de Laure - Publié dans : Projet DEPARDON
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 19:20

4. "Arrêts sur Images" Projet DEPARDON  La photographie documentaire Janvier 2010 Activité 2 (pour les 4B ; activité 1 pour les 4D) sur Paysans
"Mais vous me filmez ?
- Oui.
- Pourquoi faire ?
- Parce que vous êtes là."    Marcelle Brès, à une voisine, épigraphe du livre Paysans.

Temps 1
(court)
Se promener librement dans le parcours "Paysans"
Répondre aux questions suivantes par quelques mots clés, l'essentiel étant de regarder de façon active :
Repérages
Repérer sur la carte les trois départements photographiés lors de la mission photographique de la DATAR
4-departements.pngQu'ont en commun, sur le plan du relief, ces départements ? 
Il s'agit de départements de moyenne montagne.

Repérer le département dont la famille de R. Depardon est originaire (le Rhône). Les paysages sont différents, mais en vous aidant des citations sur les panneaux, dire quel est le point commun entre ses lieux.

Dans ces différents départements, comme pour la ferme des parents de Depardon le métier de paysan est difficile, menacé.
Le documentariste est donc comme personnellement impliqué dans son enquête, son regard n'est pas neutre ; même s'il va s'efforcer à un regard objectif.
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Organisation
Comment les photographies sont-elles présentées ? (ordre spatial, chronologique...)
Les photographies ne suivent pas (dans le détail) un ordre chronologique (allers retours entre les années 1990 et 2000) ; cependant l'exposition commence par les photographies de l'enfance, ferme du Garet et se termine par des images récentes des frères Privat.
La répartition n'est pas non plus géographique.
On peut dire qu'elle est davantage thématique et "subjective", fondée sur les relations du paysan photographié à son milieu et sur l'approche du paysan par le photographe.


Pour vous aider à répondre à la question précédente ou confirmer votre hypothèse, rechercher les 4 photographies (en noir et blanc) de Marcel Privat: où sont-elles ? comment sont-elles disposées ? (être attentif car le nom n'est pas noté sur deux légendes ou seul figure le nom du lieu : Le Villaret). Observer les 4 clichés : sont-ils dans l'ordre chronologique ? Représentent-ils le personnage dans la même attitude ? quels changements de l'un à l'autre ? comment justifier alors le choix ?
Les quatre photographies de Marcel Privat (// Raymond Depardon ?) le montrent en 1993 devant sa maison, au soleil, tête basse / en 2000 de dos face à ses moutons, temps plus brumeux (opposition légères plongée // contre-plongée) l'approche est valorisante. Pour les deux autres photographies : mêmes dates, mêmes oppositions de dos mais marchant // de face mais fantomatique, regardant la brume. Le personnage, en hauteur, se laisse absorber par le paysage de nouveau sans animaux (renoncement à l'élevage, impossible) : c'est donc une trame narrative discrète qui relie les photographies, même si l'ordre chronologique est différent. C'est l'histoire (vraie) de Marcel, telle que le photographe l'a approché.

4-depardon-Privat.jpgUne fois repéré cette première organisation, regarder les photos de la salle 1 (après "l'entrée") : observer le cadrage des personnes (donner les plans). Que remarque-t-on ? Comment pourrait-on nommer la salle 1 ?
La première salle pour s'appeler "L'approche" sur le modèle des dilms documentaires, car le photographe montre les paysans dans des cadres de plus en plus serrés : du plan général au plan en pied ou moyen. le personnage est donc d'abord caractérisé par son milieu puis il devient le centre de l'image, une personne. L'intérêt passe du cadre géographique, le paysage, à celui qui l'a fait. On peut remarquer que les portes, de fermées, deviennent ouvertes.

Essayer de voir si les femmes sont photographiées comme les hommes. Une hypothèse d'interprétation ?
Une différence de traitement est sensible : les seules femmes représentés sont en retrait ou floues. Le regard est vers le sol, en arrière du mari s'il est présent. Les paysans // les paysannes... Seul le dernier cliché montre le couple Jean-Roy de face, les deux personnes souriant. Une approche aussi de la place de la femme dans le monde paysan, plus difficile que les caractères masculins ?

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Temps 2 (plus long) :
Arrêt dans la salle 2 / "des cuisines"

Pourquoi des cuisines ? Elles sont la pièce essentielle de la ferme, salle d'accueil, de vie. On pourrait appeler cette deuxième salle "Le quotidien". Les cuisines sont particulièrement intéressantes car elles reflètent la personnalité d ela personne qui y vit. Toutes sont proches (pays, époque) et en même temps très différentes. Ces différences sont accentuées par le cadrage, l'angle de vue, les choix d'éclairage et la présence du photographe, évoquée ou non dans le champ.

Combien de photographies de personnes dans leur cuisine voit-on ? Comment cette "séquence" est-elle construite ?
(nombre de personnes, sexe, place, place du photographe, cuisine, positions, regards)
Disposition remarquablement parlante et émouvante. Une séquence et une scène.
Au centre, de face, Paul Argaud, seul. La table vide (sans rien pour le photographe) envahit le premier plan, ferme le cliché par un espace plan, vide, uni. A la palce de la nourriture ou du café, le cendrier.
A droite et à gauche, deux couples : A Droite, Marcelle et Germaine Delahaye, sur la table un goûter (même si Germaine est floue, son geste / sa présence est fantomatique, son regard vers la table), le photographe est à même hauteur, "presque" présent / à la place du spectateur. A gauche, le couple Maneval, elle en retrait, le regard baissé, et Louis le regard tourné vers la gauche (le passé : il est en train de renoncer).
A droite encore, Madeleine Lacombe, dans la lumière et tourné vers la droite. Une cuisine moderne, "salle à manger"
A gauche, près de la fenêtre aussi les deux frères, tournés vers la gauche. Une cuisine très ancienne.
Une construction tout en symétrie oppositions, échos et séparations. Malgré des situations identiques, extrêmes isolements, des personnalités différentes, presque magnifiées par la dureté de la situation. Les huit personnes semblent toutes en proie à un tourment ou engagées dans un combat, le combat d'être là, de se maintenir. Parce qu'elles sont "cadreés" dans leur espace, chaque geste, même insignifiant, étant le leur : elles se déploient (même petitement) dans leur espace, ne posent pas (affectation) elles sont là. Et cette présence, au-delà de la  difficulté à être paysan dans les années 1980-2000, témoigne de la constance de l'homme à durer, quelle que soit l'âpreté de la vie (images différentes / complémentaires du paysage d'Errance et des visages de Villes), ce sont comme des corps devenus paysages.

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Gros plan sur Madeleine Lacombe

4-Depardon-Lacombe.jpg

Madeleine Lacombe, Aubas, Dordogne, 1987 Série paysans, Raymond Depardon © Magnum Photos

Quelle est la place du photographe (différence par rapport aux autres clichés) ? Où est la chaise ?
Le photographe est debout et non assis, ou à hauteur des personnes assises. Il est face au personnage qui est au centre, la cuisine étant elle-même décentrée. On a du mal à imaginer ce qui est autour du photographe, tous les éléments de la cuisine étant devant nous ; par rapport aux autres clichés, il est "ailleurs".
Quelle est la place du personnage dans le "décor" ? Relever les particularités (angle de vue, perspective).
Le personnage occupe une place curieuse sans son espace (par rapport aux autres clichés ; tout à fait à l'opposé de Paul Argaud, par exemple). Elle est de profil mais tournée vers ? (ni porte, ni fenêtre, ni personne supposée). Contre un banc, mais non placée  pour s'asseoir, ni pour cuisiner etc. Sur la table mais à l'opposé une pomme et un couteau. Si elle était de face elle semblerait poser, mais son profil en fait une pose inhabituelle.
Cette place est aussi en déséquilibre / nouvel, autre équilibre, par rapport à la cuisine ; pas au milieu de l'espace, pas au milieu, ni au bout de la table, pas devant la fenêtre, dans un espace improbable.
Quels sont les objets composant le décor (relevé exhaustif sur le modèle de
l'analyse de Rimbaud suivant le protocole d'analyse d'image de Laurent Gervereau ? Quels objets sont dans cette seule cuisine ? Que montrent-ils du personnage ? 
Le "décor" est à la fois banal et intrigant : réfrigérateur, cuisinière, table et bancs... mais la cuisinière est au milieu de la salle à manger, loin de tout évier, le réfrigérateur (ouvert ?) / placard à côté d'un buffet... Table et banc d'un côté, chaise de l'autre, tournée à l'envers ? Sur le buffet, les objets attendus : radio, réveil, téléphone, verres et tasses : la vie sociale. Trois bouquets encadrent Madeleine (seule ferme où l'on voit ces bouquets) : un au-dessus de sa tête (dans le buffet d'angle, encadré lui même par deux reproductions (paysage façon Errance ? pont ? route ?), l'autre devant elle, le troisième derrière (évocation de statue fleurie). Les bouquets sont faits, en partie, de houx (feuillage persistant, symbolique de l'immortalité).

Décrire précisément le personnage et son attitude.
Madeleine est de profil, bien droite, presque penchée vers l'arrière  (arc de son profil droit dans la lumière), ses deux bras sont croisés, mains cachées, son visage légèrement tournés vers le haut est "fermé", ses yeux sont fermés ; son expression est secrète / cachée / triste / silencieuse / pensive / soucieuse / fatiguée. Très intérieure, le contraire de quelqu'un qui serait "tourné vers l'objectif". On ne distingue pas la couleur de ses cheveux du fait de la luminosité (gris ou blancs), ce sont des cheveux frisés, coupés à la nuque, retenus par une barrette (coupe de la maman du photographe) son visage est ridé. Elle porte un gilet et un tablier, aucune couleur, aucun motif ne sont visibles du fait de l'éclairage, il ne s'agit pas de noir.
Quel rôle la lumière joue-t-elle dans cette image ? (intensité, origine, orientation, éclairage des objets, de la personne...)
4 Depardon PaysanLa lumière qui vient de la fenêtre (soleil d'hiver, plutôt haut) occupe une place essentielle dans la photographie ; elle anime l'espace, crée un éclairage naturel, qui fait plus qu'illuminer le personnage. Madeleine semble en contact avec la lumière / la chaleur ; c'est ce qui explique (?) sa place au centre de la pièce : elle est dans la lumière, et non dans la cuisine, non pas occupée à une tâche (la pomme, le prospectus ?), mais occupée seulement à recevoir cette lumière ; et son âge, l'absence de "pose" font qu'elle ne se montre pas recevant cette lumière, elle la reçoit.

Quelle impression d'ensemble se dégage de l'image ?
On pourrait parler d'aura / de rayons lumineux (houx, aspect statufié de la posture) mais la simplicité de la tenue tranche avec les visées spiritualistes et confère à la scène, au contraire, une matérialité / une humanité très terrienne.  Là où ses voisins partagent un repas, un café etc. Madeleine reçoit le soleil comme une plante, et en rayonne sans aucune affectation : le spectateur semble donc assister à une image de "la vie" dans sa plus grande simplicité et sans plus grande force.
En même temps le personnage est âgé, et ce soleil la réchauffant, l'illuminant, montre aussi sa "transparence", sa fragilité et la rend, en cela, fragile et très émouvante.

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Dernière salle

Quel nom pourrait-on lui donner ? Pourquoi pas La Vie moderne, puisque les couleurs ont trouvé ou retrouvé leur place ... ou Portraits de paysans ou encore Gros plans.
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Faire le rapprochement entre les portraits masculins : Paul Argaud / Daniel Jean-Roy
Points communs - différences Différences ponctuelles mais nombreuses : deux régions, dehors / dedans, droite / gauche, deux directions / postures contrastées... Quel portrait est ainsi créé ?  Mais une ressemblance en même temps frappante, une image d'homme jeune encore, seul, sachant qu'il le restera probablement ("Et l'hiver il y a des moments où ça manque quelqu'un avec qui discuter" dit Paul Argaud dans La Vie moderne). Cette solitude renvoie, comme pour la femme âgée, la personne à ce qu'elle a "d'essentiel", être en vie, vivre quoi qu'il en coûte.
Cette dureté et cette simplicité, cette acceptation du destin font de ces hommes des images de l'homme et de sa condition.

Faire la même observation sur les deux frères Raymond et Marcel Privat.
On peut faire des remarques analogues avec les deux frères Privat, mais la fraternité paraît rendre ces destins moins douloureux et les hommes âgés, en couleur, semblent dotés d'une certaine sérénité.
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Conclure
4-Depardon-Argaud.jpg


Ces photographies de "gens simples" au quotidien sont-elles des photos "ordinaires" ?
Ces photographies de gens simples aux vies "ordinaires", prennent grâce au regard attentif du photographe, inscrit dans la durée, respectueux des espaces propres, une dimension emblématique de la figure humaine, de son entêtement à être dans des conditions difficiles, de sa dignité face aux problèmes économiques...

Ces photographies sont-elles
documentaires ?
Ces photographies peuvent ressortir de la photographie "sociale" comme celles d'August Sanders, mais les liens qui sont tissés par le photographe entre son histoire propre, celle de ses parents - histoire d'abord rejetée comme honteuse - et la qualité du regard évoqué plus haut en font des aussi témoignages humanistes.
Cet humanisme - qui n'est pas non plus celui de la "
photographie humaniste" d'un Doisneau, par exemple  - reste très dépouillé, sans effet de pathétique, alors que les vies montrées sont très dures. Cette absence d'effet le rend, aux yeux du spectateur contemporain, particulièrement touchant, dans sa retenue même.

Ces photographies sont-elles
autre chose qu'un témoignage sur le monde rural des années 1980 à 2000 ?
Elles sont donc plus d'un témoignage sur "le monde rural", la recherche de sources, d'origines personnelles, mais largement partagées par beaucoup de spectateurs, et surtout partageables grâce à la pudeur et au retrait même du photographe, à l'absence de mise en scène larmoyante. L'objectivité impossible du regard est remplacé par une attention extrême à l'autre, un silence, une retenue qui donnant la plus grande part à l'autre, dans toute son étrange matérialité, permette au spectateur de partager cette attention et cette rencontre.

Par Le Fil de Laure - Publié dans : Projet DEPARDON
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 19:15

4. "Arrêts sur Images" Projet DEPARDON  La photographie documentaire Janvier 2010
Activité 1 (pour les 4B ; activité 2 pour les 4D) sur Villes
Temps 2
Se promener librement dans le parcours "Villes"
Répondre aux questions suivantes par quelques mots clés, l'essentiel étant de regarder de façon active :

Regards sur le monde contemporain

Placer 6 des villes sur la carte (Il s'agit d'une carte des villes de plus de dix millions d'habitants sur laquelle j'ai ajouté 5 villes de l'exposition qui n'y figuraient pas).

4-Carte-Monde-12-Villes-Depardon.jpg

Sur le continent américain : New York au nord ou Buenos Aires ou Rio de Janeiro au sud ; sur le continent européen Berlin ou Paris ; sur le continent africain Le Caire, Addis Abeba ou Johannesbourg ; sur le continent asiatique Moscou ou Shanghai ou Tokyo ou Dubaï. Parmi les villes de plus de dix millions d'habitants non représentées : Mexico, Los Angeles, Pékin, Bombay, New Delhi.
Que peut-on conclure de cette première approche sur ces villes ?
Ces villes ne constituent pas un ensemble géographique cohérent (capitales, plus grandes villes). Le choix reste personnel, esthétique... C'est donc à la fois un témoignage documentaire et un choix subjectif.
4-Depardon-Rio.jpg
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Visages
Quels contrastes frappent le spectateur au sortir de l'exposition Errance quand il arrive devant Villes ?
"Marcher dans une ville, c'est croiser des visages" R.D.
Deux constrastes particulièrement frappants : le choix de couleurs lumineuses et le présence de visages. La ville, ce sont ses habitants. A l'opposé d'Errance, le paysage est ici caractérisé par la présence humaine, et, souvent, dans une activité quotidienne, le plus souvent "en marche".
Les passages piétons sont maintenant animés et traversés, et avec un dynamisme et une puissance extrême (Rio ou Johannesburg, où la simple traversée de la rue devient, par la puissance captée des regards, un acte presque militant d'affirmation de soi, humain et présent. 
En quoi ces deux projets deviennent-ils alors complémentaires ?

"Un instant éphémère qui allait disparaître à tout jamais"
Quand Errance, arrête le paysage, le fixe, le déploie, Villes saisit des mouvements, des déséquilibres. Le premier ancre, attache au sol (même sur une frontière, une marche), le second capture et introduit le photographe dans la communauté des hommes ordinaires.
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Couleurs
Justifier le choix du trait de couleur différent qui souligne chaque espace partticulier consacré à une ville ? (Choisir une couleur qui plaît ou intéresse)
Cependant chaque ville se trouve dessinée par une couleur moins symbolique (rose pour Moscou...) qu'essentielle. La couleur extérieure (le filet qui souligne) est extraite des couleurs intéreures des photographies. Il ne s'agit pas pour autant d'un effet "esthétique" : d'un lien pour l'oeil. Le rose est bien présent dans les photographies de Moscou (les roses pour Maïakovski aussi) ; c'est aussi du rouge adouci, comme par la féminité des personnes photographies.
La couleur dessine un fil conducteur, comme une discrète enluminure. Le paysage n'est pas idéalisé, les scènes, mouvements, personnages typiques sont esquivés, mais quelque chose de la ville se dégage des photographies : une unité dans la variété des images, une couleur, comme un esprit.
Et les couleurs entre elles dessinent une palette avec ses complémentaires et ses opposés : l'ensemble est donc mis visuellement en harmonie. De la diversité, s'élèvent des notes concordantes. 
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Formats
Pour une ville de votre choix, justifier le choix du grand format : pourquoi cette image-là est-elle plus grande que les autres ?
Pour New York, par exemple, le choix est impressionnant. L'homme, de dos, bussinesman en marche, dans une allée entre les buildings se retrouve, par l'effet du format, plus grand et massif que les immeubles des clichés proches. En même temps, le choix isole (le chien, le carioca à vélo...), individualise : des anonymes (dos) se trouvent ainsi devenir des figures emblématiques et en même temps toujours "communes" (on retrouve un autre bussinesman, de dos, près d'un muret de tôle... à Johannesbourg), comme pour signifier une condition humaine  également partagée...
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Clichés neufs
Pour une ville de votre choix, chercher parmi les images ce qui peut représenter un cliché sur cette ville, et dire comment celui-ci est détourné / ravivé / démonté...
Presque pour chaque ville, un cliché / poncif est montré (de Marilyn au café-crème, du Che au "Mur"), cependant ces images sont déplacées et ranimées par différents moyens : 
Le "Che" est en vente sur un présentoir, le zèbre africain est une publicité ; Le "China Chalet" est à New York, le "Rio Presto" à Paris ;  si le Tai chi est photopgraphié à Shanghai, c'est à côté d'un couple de valseur, Vladimir Maïkovski est honoré de quelques roses rouges, mais fait face à Kiss Proof de l'Oréal...
Ces rapprochements ne font pas l'effet d'une dénonciation (globalisation, marchandisation) : avec les clichés, peut-être les idoles sont tombées et restent des personnes, maintes fois rapprochées par des cadrages / postures identiques :
jeunes femmes traversant les rues, jeunes ou couples s'enlaçant au bord des fleuves / de rivage, terrasses de café, chiens, vitrines, bus, taxis, personnes se photographiant, se filmant ; ces images se retrouvent d'une ville à l'autre, à la fois particulières et partagées.
Les identités culturelles nationales étant relativisées et les destins ordinaires, particuliers valorisés , le spectateur ressent un sentiment d'euphorie, le plaisir d'appartenir à cette communauté, d'être à la fois  différent et commun.
4-Depardon-Moscou-2.jpg

      "En pérégrin contemporain, Raymond Depardon réalise dans un anonymat qu’il dit “assumer avec bonheur”, une vision synchrone des identités urbaines qui nous ferait presque croire à la providence, au hasard. Il apparait en effet, comme un médiateur du réel. Il excelle dans l’habileté à montrer ses semblables maitrisant par sa déontologie du cadrage, le médium tant photographique que cinématographique. Interpellant le spectateur que nous sommes en témoin curieux et attentif, il ne trahit rien de la singularité des êtres qu’il photographie et joue paradoxalement de la similitude des conurbations comme d’une évidence, démontrant ainsi sa formidable cohérence artistique."
Sylvie Aznavourian
Commissaire d’exposition (BM Lyon)

Par Le Fil de Laure - Publié dans : Projet DEPARDON
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 19:09

4. "Arrêts sur Images" Projet DEPARDON  La photographie documentaire Janvier 2010
Activité 1 (pour les 4B ; activité 2 pour les 4D) sur Errance
"J'ai le pressentiment que quelque chose ne sera plus comme avant. C'est peut-être là la vraie définitin de l'errance, de sa quête avec sa solitude et sa peur. C'est le désir que je cherchais, la pureté, la remise en cause, pour aller plus loin, au centre des choses, pour faire le vide autour de moi. Je me dois de ma laver la tête... pour rencontrer le centre d'une nouvelle image, ni trop humaine, ni trop contemplative, où le moi est aspiré par les lieux, quand le lieu n'est pas spectacle, ni surtout obstacle. [...] Cette quête devient la quête du moi aceptable."
"Temps 1
Se promener librement dans le parcours "Errance" en respectant "le sens de la visite".
Répondre aux questions suivantes par quelques mots clés, l'essentiel étant de regarder de façon active :
4-depardon_newyork-1984.jpg
Photographies

Qu'avez-vous devant les yeux (décrire le premier objet qui constitue l'exposition : nature, taille, matériau... ) ?
Pourquoi n'y a-t-il pas de "cadre", de verre de protection ? Pourquoi les trous de la pellicule ont-ils été reproduits et non cachés ? 
Il s'agit de tirages originaux grand format sur papier de photographies argentiques. ce sont donc des oeuvres (et non des "copies") coûteuses, de beaux objets en soi (traces d'argent dans le noir et blanc) ; les marques de la pellicule authentifient l'acte de création et de reproduction. L'absence de "protection" invite le spectateur à une rencontre avec de vraies images.
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Cheminement
- Quelle est / que représente la première image - à ce que l'on peut supposer ?
La première image à gauche du titre de l'exposition et de la phrase en épigraphe est celle représentée sur la gauche de l'homme dans une rue de New York. Incroyable netteté de l'image, grain très fin qui isole, détache, "individualise" chaque particule et fait de cette scène nocturne animée mais ordinaire une composition, un assemblage de "particules élémentaires" toutes importantes. On peut remarquer que l'homme ne semble pas regarder le feu de signalisation mais au-delà, "vers la droite", que le photographe est, comme on le verra souvent "sur la bordure du trottoir" (entre deux espaces) dans l'alignement de son sujet, l'homme de profil. Le point de fuite serait au niveau de l'immeuble au centre de l'image, celui-ci est donc fermé : deux directions s'offrent alors droite et gauche, au fond de l'image, cette bifurcation possible se retrouve aussi dans l'exposition.
Le spectateur est invité commencer la visite, vers la gauche de l'image (à l'opposé de la direction du regard donc...). Mais on peut lire (en tenant de numéros marqués au sol, ces deux photos comme les dernières : dans ce cas, New York pourrait introduire à Villes, la rencontre avec l'autre. A poursuivre...
- Quelle est / que représente la dernière image - à ce que l'on peut supposer ?
La dernière image (chronologiquement, si on suit le sens de la visite) est celle qui est à droite du titre Errance ; mais en même temps, le parcours étant circulaire, c'est aussi la première. Il n'y a donc pas une progression linéaire, en ligne droite, pas de progression à proprement mais une invitation à refaire le parcours, à voir que ce qui est à la fin était là au début...
L'image eprésente un homme tourné aussi vers la droite mais dans le désert, dans la lumière, sans aucun bâtiment ou objet face à lui ; son regard étant porté davantage à ses pieds : l'homme, accroupi, posé, est-il à cet instant spectateur de ses pensées, d'une image qu'il trace dans le sable ?
Si on compare ces deux images (thème, tonalités, place et attitude du personnage...) : quelles sont leurs dissemblances ?
Tout a priori sépare ces deux hommes : ville / désert, nuit / jour, debout, raide / accroupi, courbé, observateur / introverti etc.
Qu'est-ce qui cependant les rapproche ?
Pourtant ils sont rapprochés par tout ce qui est formel : noir et blanc, constraste, composition équilibré en deux espaces, figure humaine tournée vers l'avenir... La photographie les a donc rapproché / a montré leur semblance.
Que s'est-il passé (d'après vous) entre les deux moments ?
Entre ces deux instants : dépouillement, silence, solitude, quête de soi // ce qui était déjà présent dans la ville, la nuit, se montre plus nettement au jour et dans la solitude ?
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Lien
Entre toutes les images, quel est le point commun sur le plan de la composition ?
La ligne d'horizon de toutes les photos est à la même auteur et cette hauteur (accrochage des cimaises un peu plus hautes qu'à l'accoutumée) est celle des yeux du spectateurs.
Quelle "ligne" relie toutes les images ? Pourquoi ce choix esthétique ?
Cette ligne constitue un horizon commun à tous ses paysages. Ils appartiennent tous au même monde dans lequel erre le photographe, alors que les disparités de lieux, d'espaces sont très importantes, la vision globale est vraiment celle d'un même sol, d'une même terre / Terre.
Esayer de repérer quelques lieux géographiques : pays ou continents (grâce aux habitats, personnes, panneaux...) ; qu'en déduisez-vous ?
On peut repérer sans autre aide que son regard : l'Afrique, l'Asie, l'Europe, l'Amérique, plus précisément le Maghreb, le Japon, l'Allemagne, la banlieue parisienne, un pays hispanophe : le Mexique ou un pays d'Amérique centrale, New York. Donc une grande variété de lieux, alors que la vision première est celle d'une grande uniformité / unité.

__________________________________________________4-Depardon-Errance.jpg
Vision
Le premier plan (tout premier plan, premier objet visible) est-il net ? Le dernier plan (poteau, montagne, arbre...) est-il, la plupart du temps, net ?
Les premier et dernier plans sont, dans la plupart des cas, remarquablement nets. Ceci confère donc une grande profondeur de champ au cliché.
Pour autant, le premier et le dernier plan sont-ils, dans la réalité représentée, proches ?
En même temps les deux plans sont souvent très éloignés, ce qui donne une impression plus "étrange" que "réelle". Dans la réalité, l'oeil accommode "au milieu", alors qu'ici ce sont les extrêmes qui sont nets. On a l'impression de ceux sont (au moins) deux regards qui sont conjugués ensemble : le regard vers le près et le regard vers le loin.
Que peut-on en conclure ?
Cet effet est évidemment troublant et obsédant, l'oeil du spectateur peut se promener dans l'espace figé sur la cliché comme il ne pourrait pas le faire dans la réalité.  Cette réalité est comme déployée dans un espace plan.

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Position
Si l'on regarde un bâtiment ou une voiture..., où se situe, sur la plupart des clichés, le photographe par rapport à l'objet représenté (à hauteur d'homme, plus haut, plus bas ; au centre, vis-à-vis de l'objet, décentré à droite, à gauche) ?
Le photographe se place presque systématique au centre (dans la représentation des objets / bâtiments...), plutôt décentré à gauche (pour les espaces ouverts) et souvent en équilibre sur un trottoir, une bordure... Face aux monuments, il reste (se pose / repose, s'arrête).
Quelle est l'impression produite par la répétition de cette posture vis-à-vis du paysage ? (ou cela place-t-il le spectateur ?) Est-ce une impression de mouvement ou d'arrêt / de stationnement qui domine ?
Le spectateur ressent chaque image comme un arrêt, une invitation à partager ce temps arrêté : cette fixité absorbe, elle invite à la contemplation. Mais la répétition des arrêts en fait aussi une invitation à une marche. Un chemin d'images ? Ce cheminement est accompagné, scandé par des tempos différents (netteté des contrastes / soleils voilés, villes / désert...) et récurrents (lignes parallèles sur une image, mais perpendiculaires par rapport à la voisine...).  
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Habitations
Les personnages représentés sont-ils la plupart du temps dévisageables ? Que constituent-ils alors ?
La plupart des personnages sont indévisageables : faces voilées, tournées, personnages dans l'ombre, de dos, silhouettes... Le personnage n'est ici qu'un habitant du lieu. C'est le lieu, l'espace (habité ou non) qui est recherché.
Les bâtiments représentés de face ont, pour la plupart, un point commun : quel est-il ?
La plupart (totalité ?) des bâtiments représentés de face sont fermés, clos, obturés, abandonnés... Sauf une boutique de ... photographies, qui renvoie donc des images, non un espace humain en profondeur et ouvert [comme on le verra dans Paysans].
Que pourrait-on conclure de ces deux observations ?
Les immeubles de biais restent des façades (souvent fuyantes...), souvent des murs aussi, clôtures etc. Les habitations ne sont pas habitées, ou les habitations qui intéressent le photographe dans son errance, qui est aussi une fuite (?), sont inhabitées. Besoin de voir / choisir / montrer ces fermetures de lieux habituellement ouverts (cafés, maisons ...) ?
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Rapprochements4-Depardon-Errance-2.jpg
Choisissez un "ensemble" de trois photos (c'est vous qui faites le rapprochement : j'ai observé au moins deux dizaines de ces ensembles de trois photos avec des ponctuations d'une photo) ; chercher les liens qui les unissent et les points qui les séparent (sur le plan du / des : thèmes, lieux, constructions des lignes de forces, ombres et lumières, soleil / nuage, mouvement de l'une à l'autre, parallèles / oppositions)
Par exemple, presque au milieu du mur du fond un semble de trois clichés montre ceci :
- une "mer" de cailloux, sans voie, horizon plan pas de direction
- au milieu un cliché montre un "champ" de panneaux indicateurs "partant" dans tous les sens (confusion, sur-information, chaos des signes...)
- à droite une route nette, de face, une seule direction visible du premier mètre à l'horizon (par rapport à l'ensemble du cheminement, c'est presque une mise en abyme: premier cliché après le titre : route nette, dernier cliché : plus de route, espace ouvert de terre et de pierre, entre les deux des directions multiples... Mais le sens de lecture est inverse  : invitation aux allers et retours, à lire de gauche à droite ET de droite à gauche; déchiffrer le monde en s'abstrayant du code occidental traditionnel... ?
Pourquoi, à votre avis, ces scansions (rythmes, répétitions et évolutions) ?
La plupart des images constituent visiblement des ensembles de trois, trois passages pour piétons, trois vues du car, trois paysages montagneux... et les trois clichés constituent un ensemble souvent lisible "dans les deux directions" (en sus du près et du loin...). Grâce à ces rapprochements aussi, des horizons fermés s'ouvrent.
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Significations
Les images ne sont pas légendées, pourquoi à votre avis ?  S'agit-il alors d'images documentaires (arguments oui / non) ?
L'absence de légendes réduit bien évidemment la portée documentaire (bien qu'on puisse remarquer que les documentaires animaliers récents soient aussi de moins en moins explicites et laissent à l'image une place entière). En même temps, cette absence de "sous-titre" invite le spectateur à un regard actif, une observation au plus près du réel, qui n'est pas sous-titré(rien ne me dit que j'ai passé ici ou là une frontière et suis au Tchad ou au Soudan). Ce légendage rassurant absent laisse le spectateur devant l'absence de nom du réel, quelque chose est là. L'opacité du réel et sa matérialité se trouvent ainsi renforcés (alors que dans l'exposition "Villes", le nom aura un sens presque symbolique)
Donner un titre objectif (encyclopédique) à une photo au choix / lui donner ensuite un titre subjectif (personnel, imagé...).*
On peut noter : New York City, USA, 1999 Série Errance, Raymond Depardon © Magnum Photos pour le cliché premier et imaginer des titres imagés (A la croisée des chemins / Waiting / 18h43 / ...) qui traduisent plus ou moins bien le réalisme du contexte et l'impression d'arrêt / de temps suspendu et déplié produit par la netteté "multidirectionnelle" de l'image.

 Quels sont les thèmes de ces photos ? Donner des mots-clés. Quel serait le thème commun ? Donner des synonymes des mots errer / errance.
On retrouvera dans les titres réalistes les mots de : route, chemin, horizon, passage, poteau mais aussi frontière, banlieue...
Le thème commun serait la direction / l'horizon / la marge / la marche : la prise de position dans l'espace, la recherche d'une place (qui soit fixe et ouverte) ?

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Vue d'ensemble 4-Depardon-Errance-couverture.gif
En sachant que dans une image (photographique, filmique) la droite représente l'avenir, ce qui va advenir, la gauche, le passé, observer l'ensemble des images et dire quel est le côté qui est presque toujours "fermé" par un bâtiment, un véhicule...
Le côté droit de l'image est presque systématiquement fermé.
Repérer, si on est rès attentif, des panneaux indicateurs qui montrent que cette direction est interdite, difficile à emprunter.
On trouve un "Interdit de tourner à droite", une "voie réduite à droite" et de multiples : murs, monts...
Pourtant sur une seule des images, cette direction est nettement indiquée, ouverte, lumineuse... Où se situe cette image ? Pourquoi là (seulement) ?
Il s'agit de l'image ci-contre (dont le point de fuite est visible et lumineux) sur l'original. Elle se situe vers la fin du parcours de l'exposition, après que le car immobilisé (ses pneus étant couchés sous lui...) ait pu partir (trois images vues du car). Il a fallu traverser bien des champs dont la frontière était au centre, s'arrêter au bord de nombre de trottoirs... pour arriver devant cette "quintessence" d'horizon
Si on observe que c'est celle qui a été choisie pour faire la couverture du livre Errance, que peut-on en conclure ?
Cette vue est rare, c'est l'aboutissement de la quête qui est elle-même chaotique, bouleversée, mouvante mais conduit à cet horizon parfaitement ouvert ET dynamique. 
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* Pour repérer la photographie dans l'exposition, on peut savoir qu'il y a 30 photographies dans la première branche du "U", 17 dans l'allée du bout et 30 encore dans la seconde branche du "U". Des numéros au sol peuvent aussi servir de repères.

Par Le Fil de Laure - Publié dans : Projet DEPARDON
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