Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 17:11

3. "Que d'histoires !" Les Trois Mousquetaires Séance 8  Devoir maison Analyse d'un extrait "Soubrette et maîtresse" (Chap. 26)
Texte "D'Artagnan regarda Ketty pour la seconde fois ... elle lui donna même sa main à baiser" pp. 116-117
Statue de Molière et soubrette à Pézenas 1. Où l'on voit mieux quand on y regarde à deux fois...
Le point de vue dans le récit
- Dans les premières lignes de l'extrait, par "quels yeux" Ketty est-elle vue ? De quelle focalisation s'agit-il ? Est-elle plus ou moins large que la focalisation omnisciente ? Quel en est l'intérêt ? [2 pts]

Ketty est vue par les yeux de d'Artagnan. Il s'agit donc d'une focalisation (point de vue) interne. Celui-ci réduit la prespective : on ne voit que ce qu'il voit. Pourquoi cette focalisation : pour nous faire voir Ketty avec les yeux "de l'amour", pour connaître l'évolution des pensées de d'Artagnan et on peut aussi dire pour accentuer "l'effet de réel" (c'est comme cela que l'on voit, dans la réalité).
- Par quels yeux, d'Artagnan est-il vu (bas de la page 117) ? Quel est l'intérêt de cette perspective ? [2 pts]
D'artagnan est vu par les yeux de Ketty. Cette focalisation correspond à ce que savent les personnages : seule Ketty sait qu'il s'agit de d'Artagnan. Il est aussi valorisé (par son regard amoureux) alors que ses actes sont blâmables.

Remarque de synthèse : pourquoi les informations visuelles et auditives sont-elles si importantes à ce moment du récit ? [1 pt]
C'est un moment de rencontre amoureuse, chacun est attentif aux détails ; de plus cette scène se déroule la nuit : les sens sont aiguisés...

2. Où l'on gagne ou perd selon qui regarde...

Les substituts du nom
- Relever cinq façons différentes de désigner -dans le récit- Ketty. Dire quand il s'agit de reprises fidèles ou infidèles - et dans le second cas [quand elles sont infidèles], indiquer si elles sont valorisantes ou dévalorisantes, puis expliquer les choix du narrateur. [3 pts]

Ketty est appelée "la jeune fille", "la soubrette", "la suivante", "Ketty" : il s'agit de reprises "fidèles" qui traduisent objectivement son état, son âge, son nom. Mais elle est aussi nommée "la pauvre fille" ou "la pauvre enfant" ce qui constitue une reprise "infidèle" car elle exprime un sentiment du narrateur. Ce n'est pas un jugement (négatif) mais un sentiment positif donc une reprise "valorisante" (la malheureuse fille). En revanche le terme de "passereau" peut être vu comme dévalorisant : une beauté simple, ordinaire et un statut social inférieur à celui de Milady.
- Relever une façon de désigner d'Artagnan -dans le récit-- qui constitue une reprise infidèle et justifier le choix du narrateur .[1 pt]
D'Artagnan est appelé "le perfide", ce qui constitue une critique forte : c'est un traître... un homme qui trompe. D'Artagnan est donc condamné dans ces agissements (sous la coupe de Milady...). "Le Gascon" n'est pas une reprise infidèle, c'est sa région de naissance.
- Relever une façon de désigner Milady -dans le récit- qui constitue une reprise infidèle et justifier le choix du narrateur. [1 pt]
Le terme "d'aigle" est une reprise infidèle pour désigner Milady, cette appellation insiste sur sa grandeur, sa beauté et son aspect de chasseur, de rapace.
L'expression "cette suave créature" exprime l'admiration, maintenant déçue, de d'Artagnan pour Milady, le contraste entre ses propos durs et son attitude habituelle de séductrice. On peut parler d'ironie de la part du narrateur.
"La grande dame" est une reprise fidèle, c'est le statut social de Milady.

3. Des mots pour le dire !

Les dialogues
- Repérer un dialogue qui ne soit pas reproduit mais narré. Pourquoi cette narration au lieu du dialogue au style direct ? [1 pt]
"en entendant cette suave créature lui reprocher, avec cette voix stridente qu'elle avait tant de peine à cacher dans la conversation, de n'avoir pas tué un homme qu'il l'avait vue combler d'amitié." On peut expliquer ce dialogue raconté et non reproduit par le souci d'éviter des mots trop durs dans la bouche de Milady, l'expression à haute voix de pensées vraiment dégradantes.
"Milady gronda encore quelque temps sa suivante, puis s'apaisa" , ce sommaire dynamise le récit en résumant un dialogue d'un intérêt secondaire.
"À ce reproche il y a une réponse à laquelle les femmes se trompent toujours ; d’Artagnan répondit de manière que Ketty demeurât dans la plus grande erreur."
Ce sommaire laisse dans le silence, cache aux yeux du lecteur, la trahison, la fourberie de d'Artagnan. 
- Pour les 4 extraits de dialogue ci-dessous, donner leur fonction sur le plan narratif. [4 pts]
♥ (p. 116)
"De quel amour ?" demanda la jeune fille
"De celui que je suis tout prêt à ressentir pour toi."
"Et quelle en est la preuve ?
"Veux-tu que ce soir je passe avec toi le temps que je passe ordinairement avec ta maîtresse ?"
"Oh oui", dit Ketty, "bien volontiers"
.

D'Artagnan et Ketty dialoguent à propos de leurs sentiments : il s'agit donc de commenter l'action d'aimer.
♦ (p. 117)
"Partez, partez vite !" Estampe représentant un mousquetaire

Il s'agit d'un ordre : le dialogue commande l'action (l'entraîne, en est le point de départ)
♠ (p. 117)
"Moi, l'aimer ? Je le déteste ! Un niais ..."

L'expression d'un sentiment par des mots est déjà une action en soi, mais c'est aussi un commentaire sur l'action ; de la même manière dire de quelqu'un "c'est un niais", c'est définir, établir son état.
♣ (p. 117)
"...
tâchez enfin d'avoir une réponse à cette letre que je vous ai donnée.
- Pour M. de Wardes ?
- Sans doute,pour M. de Wardes."

Il s'agit d'un ordre : le dialogue commande l'action (l'entraîne, en est le point de départ) + un commentaire, une demande.

4. Et des mots pour taire...

Les temps du récit et leurs emplois
- Dans les passages suivants, indiquer les temps employés pour chaque verbe et donner les raisons de leur emploi : [2 pts]
Les imparfaits, les passés simples, le plus-que-parfait
"D'artagnan entendit la porte qui se refermait, puis le bruit de deux verrous que mettait Milady afin de s'enfermer chez elle. D'Artagnan poussa
la porte de l'armoire. Imparfait : actions d'arrière plan en cours de réalisation ; passé simple : action de 1er plan constituant la progression du récit.
"que mettait Milady"  Imparfait : habitude 
"Elle était de fort méchante humeur" Imparfait : description
"Milady gronda encore quelque temps sa suivante, puis enfin elle s'apaisa, et la conversation tomba sur lui." passé simple : suite d'actions
- dans ce passage, quelle est la fonction du temps souligné ? [1 pt]
"D'Artagnan frissonna [...] de n'avoir pas tué un homme qu'il l'avait vue combler d'amitié"
Ce plus-que-parfait traduit le fait que la première action est antérieure à l'autre action évoquée dans la phrase. "qu'il l'avait vue [avant
cette suggestion de meurtre] combler d'amitié"

Le rythme (et l'ordre) du récit
Il y a 2 ellipses dans ce passage (qui ont la même fonction), en relever une et donner sa fonction [1 pt]
Séduction de la soubrette / "Minuit sonna, et l’on entendit presque en même temps retentir la sonnette dans la chambre de Milady"
La nuit dans la chambre de Ketty "Et il attira Ketty à lui ; il n’y avait plus moyen de résister, la résistance fait tant de bruit ! aussi Ketty céda.".
Les deux ellipses taisent la séduction de la jeune soubrette pour rester dans le ton réservé du roman.  Mais aussi parce qu'elles atteénuent la trahison de d'Artagnan qui n'iame pas Ketty et la séduit pour qu'elle le serve. 
Il y a 1 sommaire dans ce passage, le relever et donner sa fonction. [1 pt]
Le sommaire est constitué par le discours narrativisé : "Toutes deux rentrèrent dans la chambre à coucher et comme la porte de communication resta ouverte, d’Artagnan put entendre quelque temps encore Milady gronder sa suivante, puis enfin elle s’apaisa, et la conversation tomba sur lui tandis que Ketty accommodait sa maîtresse." Il participe au dynamisme de la scène.

Remarques de synthèse : comment appelle-t-on un passage du récit comprenant des dialogues et raconté dans sa quasi intégralité ? Il s'agit d'une scène, qui mêle éléments de récit, descriptions brèves et dialogues faisant avancer l'action ou la commentant, comme une "scène de théâtre" qui se déroulerait sous les yeux du lecteur...

Par Le Fil de Laure - Publié dans : Classe de 4e
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