3. "La voix dans la nuit, c'était vous" Cyrano de Bergerac et le motif amoureux au
théâtre Séance 4 Novembre 2009
Devoir "type brevet" Lecture guidée sur Cyrano de Bergerac I, 5 L'Aveu à l'ami
Objectif de la séance
La représentation du personnage au théâtre (didascalies et répliques)
Les moyens d'exprimer le sentiment (champ lexical, modes, figures)
Le sentiment de Cyrano sur son physique
1. Les termes de reprise/ substituts désignant le nez de Cyrano sont : "Cette protubérance", "pauvre grand diable de nez", "le long de ce nez". On peut aussi juger
que "l'ombre de mon profil" et "tant de laideur grossière" sans le nommer directement font allusion au nez. Ces reprises sont en partie fidèles ou, pour d'autres, témoignent d'un regard triste,
d'un regret de la laideur.
2. "Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance..." L'emploi de l'impératif indique ici une demande, et non un ordre ; Cyrano invite son ami à le regarder
avec des yeux qui le jugeraient esthétiquement, et non amicalement.
"Quelle espérance / Pourrait bien me laisser cette protubérance !" Le conditionnel permet d'exprimer une supposition : l'action est envisagée en sous-entendant "si je déclarais
mon amour".
3. Le complexe physique de Cyrano est évoqué par une figure de style marquant l'opposition : l'antithèse. "Je ne laisserai pas tant que j'en serai maître / la divine
beauté des larmes se commettre / Avec tant de laideur grossière..." Cette antithèse, reprenant l'écart qu'il y a entre la beauté de Roxane et la laideur
de Cyrano, amplifie sa tristesse par le contraste et la dérision.
La souffrance de Cyrano
4. Dans le champ lexical de la souffrance, on peut relever : "mauvaises heures, seul, pleures, larmes, ridiculisées, attriste."
5.Cyrano explique qu'il ne pleure pas parce que le contraste de la beauté des larmes et de la laideur du nez serait trop grand, et parce que les larmes se trouveraient ainsi
ridiculisées.
- "Non, ce serait trop laid, / Si le long de ce nez une larme coulait. / Je ne laisserai pas tant que j'en serai maître / la divine beauté des larmes se commettre / Avec tant de
laideur grossière..."
- "Les larmes, il n'est rien de plus sublime, rien, / Et je ne voudrais pas qu'excitant la risée / Une seule par moi fût ridiculisée"
Hors l'indicatif, mode du réel, les modes employés sont : le conditionnel exprimant une supposition (cela serait) et un souhait (je ne voudrais
pas), le subjonctif imparfait exprime une hypothèse (dans la circonstance où elle exciterait la moquerie).
6.Le Bret donne plusieurs conseils à son ami : "Va, ne t'attriste pas ! L'amour n'est que hasard ! ". Il emploie l'impératif
qui est, dans cette phrase, le mode du conseil.
7. Le Bret est animé par la pitié, la compassion, comme l'indiquent les didascalies "ému", "vivement, lui prenant la main".
8. Le Bret met en valeur, parmi les qualitésde Cyrano : la vaillance ("Tu t'es couvert de gloire"), le courage, l'esprit ("Ton
courage ! ton esprit !") qui suscitent de l'admiration de la jeune fille qui les sert.
Une vision particulière de l'amour
9. Pour désigner Roxane, Cyrano utilise plusieurs métaphores : "un danger mortel... exquis", une rose muscade", "un piège de nature", qui appartient au
champ lexical de la nature, mais une nature précieuse dont le parfum l'enivre. La séduction est décrite un piège.
10. La scène de séduction imaginée se déroule dans un jardin, au printemps, la nuit ("dans le soir bleu, en quelque jardin, l'avril, sous un rayon d'argent, la
lune...") ; moment caractéristique de la séduction, de l'amour et qui annonce la scène "du balcon" III, 7.
11. Cyrano évoque l'amour de César pour Cléopâtre et celui de Titus pour Bérénice. Ce sont des exemples illustres mais aussi des tragédies de l'amour impossible de
Corneille. Même dans la souffrance, il reste un lettré.