5. Discours explicatif Lecture Découvrir l’histoire de la mine
Synthèse reprise et réalisée d’après Le guide du Musée de l’histoire de la mine de
Lewarde par des élèves sur le site http://lettresbacpro.free.fr/lewarde/presentation.html
La visite du musée permet de découvrir grâce à des reconstitutions, des
documents, des objets exposés tous les aspects de la mine, son histoire et la vie des mineurs.
Autour de la Fosse
Les bureaux des responsables
Le visiteur passe d’abord devant le bureau du directeur de lafosse Delloye. Responsable des chantiers du fond, le directeur ou chef
de siège assure la mise en valeur du gisement, aidé par les ingénieurs d’exploitation et les géomètres.
Dans le bureau de ces derniers, on peut se pencher sur des cartes - dont certaines sont très anciennes- qui présentent la zone
d’exploitation. Les noms des veines de charbon sont des noms familiers, comme Gabrielle ou Ferdinand. Les
géomètres assurent la mise à jour des plans en fonction de l’avancement du chantier ; ils organisent l’implantation des quartier et de l’aérage. Dans les vitrines, sont exposés les
instruments de mesures et de repérage des géomètres :
boussoles, théodolites (mesure des angles verticaux et horizontaux), niveaux, anémomètres (mesure de la vitesse d’un gaz), éclimètres (mesure de la
différence de niveau entre deux points), rubans de géomètres, chaînes d’arpenteur, bouteilles d’échantillonnage d’air, pochoirs… Tout ce matériel permettait de baliser l’exploration
souterraine.
Une petite pause chez « Honorine » : un estaminet
Après le bureau des géomètre, le visiteur pénètre dans le grand espace qui abrite l’exposition principale,
Mine et mineurs. Mais avant même de se plonger dans la petite et la grande histoire de la mine, une halte s’impose chez « Honorine ».
Cet estaminet, de 1884, c’est le point
de ralliement des mineurs, le terreau du syndicalisme naissant, le centre d’une solidarité vraie.
1884, c’est le temps
des révoltes. 1884, c’est le temps de Germinal. Avec force et émotion, Emile Zola a décrit la dure condition des mineurs qui finirent par
s’unir. L’estaminet évoque, par des reconstitutions, la petite histoire du syndicalisme : autour d’un verre, tout en parlant du prochain combat de coqs
ou du dernier concours de pigeons, le mineur finit toujours par parler du travail al’fosse, après la remonte.
Le dimanche, il vient jouer et toujours discuter. C’est de là que partiront les premiers grands mouvements de grève. A tel point que les compagnies minières prennent des sanctions
pour contrôler ces conflits ayant éclaté localement. Des mineurs sont renvoyés des mines pour leur action..
La vie du mineur
Qui sont les mineurs ?
Après avoir suivi
les panneaux présentant la formation professionnelle, le visiteur découvre le quotidien du
mineur. « Creuset syndical et social », la mine a accueilli plusieurs vagues d’immigration. Ce furent d’abord les voisins belges du
Borinage dans les premières années, qui connaissaient déjà la mine. Ce sont ensuite les Polonais
qui arrivèrent en masse dans le bassin minier après la Grande Guerre. En 1933, on comptait 34 % de mineurs polonais. Deux vagues se succèdent
enfin, les Italiens après la Seconde Guerre, mais en moins grande proportion, et enfin les mineurs marocains dans les années soixante.
La vie quotidienne
Autour de la fosse, il
existe de nombreuses institutions sociales : la
goutte de lait ou consultation des nourrissons, les écoles des mines, les ateliers, les colonies et centre
de vacances.
Pour fixer la main d'œuvre à proximité du siège d’exploitation,
ce sont de véritables villes qui furent bâties en pleine campagne.: les cités minières ou corons. Les corons constituaient des quartiers
d'habitations unifamiliales étroites, à un étage, avec un petit jardin potager à l'arrière.
On peut voir la
reconstitution d’un intérieur minier au début du siècle. L’habitation est généralement très soignée. On y trouve le poêle, le baquet, les ustensiles de ménage, les bleus de travail...
Mais la vie dans les corons, c’était aussi les loisirs : les combats de coqs, la colombophilie, le tir à l’arc
à la perche verticale, le jeu de billon sans oublier la fête de sainte Barbe, patronne des mineurs, qui a lieu le 4 décembre.
Le travail du
mineur
La salle des pendus et la lampisterie
Sur les traces du
mineur, on visite d’abord la salle des pendus, qui sert à la fois de vestiaire et de douche. Ce n’est qu’en 1890 qu’apparaissent les premières douches créées par la compagnie d’Anzin. Auparavant, le mineur se lavait chez lui. Très vite, les douches ont été
installées dans tout le bassin. On procède à la pendaison des vêtements pour deux raisons : tout d’abord, il faut laver la salle des douches plusieurs fois par jour. Ensuite, l’air
chaud en hauteur fait sécher les vêtements. Grâce aux cordes cadenassées, les mineurs peuvent ainsi « ranger » leurs effets personnels.
Une fois en tenue, le mineur passe devant le bureau du
délégué-mineur. Elu par ses pairs pour trois ans, il veille au respect des règles d’hygiène et de sécurité et transmet les remarques à la direction. Lors des accidents, il participe à l’enquête
pour déterminer les causes du drame.
Le mineur passe ensuite à la lampisterie. Les femmes
remplissent les lampes que les mineurs retirent en échange d’un jeton numéroté qui permet de pointer la présence du mineur à son poste de travail et, en cas d’accident, de dénombrer les mineurs
restés au fond. Une fois équipé, le mineur n’a plus qu’à emprunter la passerelle d’accès au puits le menant au moulinage.
L’accès à la mine
Reconstitué par d’anciens mineurs, le circuit minier présente
l’évolution des techniques depuis un siècle. Les seuls sacrifices concédés pour l’accueil du touriste sont l’accès facile et des conditions « climatiques » - chaleur, humidité,
poussière – plus agréables que la réalité. Dans les voies d’exploitations, il faut bien se rendre compte que le couloir où peut déambuler sans difficulté le visiteur, n’existe pas. Mais, c’est
avec un réel souci d’exactitude qu’est présenté le travail du mineur à l’aide de mannequins et de matériels ayant vraiment été utilisés au fond. C’est ce qui rend cette visite particulièrement
impressionnante. La faible lumière recrée l’ambiance du fond, les bruits qui résonnent sous les voûtes de pierres, avec les indispensables consignes de sécurité – le port du casque est
obligatoire ! – permettent de se trouver dans l’univers du mineur.
Le travail de la mine
Première étape : un
bure, ou puits secondaire, permet la prolongation d’un puits principal reliant deux niveaux d’exploitation. Les trois éléments d’un chantier de mine sont présentés : creuser,
évacuer les pierres ou le charbon et assurer la circulation de l’air, du personnel et Du matériel. On peut faire connaissance avec les mannequins aux yeux clairs et à la peau noircie de
charbon. L’un d’eux, dans le cuffat ou panier, un grand chaudron de métal descendu à l’aide d’un treuil, présente l’un des modes de transport de la mine dans les puits verticaux. Les
machines sont présentées dans le cadre des chantiers. Machines à air comprimé d’abord, dés les années trente, treuil de halage pour remplacer autant que possible les chevaux,
pompe pour l’évacuation de l’eau qui se substitua au caniveau menant l’eau jusqu’à l’accrochage.
Dés la rencontre d’une veine de charbon, on creuse la voie de pied
et- cinquante à cent mètres plus haut- la voie de tête. Entre ces deux galeries, barrette sur la tête et espadrilles aux pieds, on creuse la taille – parfois très pentue et de faible épaisseur –
pour aller chercher le charbon tout en s’assurant que le galibot pousse le wagonnet jusqu’à la galerie principale. Sur le front de taille, le marteau-piqueur apparaît peu avant la
guerre de 1914.
Techniques de boisage, modes de transport sont ensuite exposés dans
la galerie de circulation ou bowettes avec la rencontre notamment du cheval qui tire une douzaine de wagonnets soit six tonnes de produits jusqu’au pied du
puits.
Brave cheval de labeur, qui partageait les conditions
pénibles du travail des mineurs au fond et qui ne remontait au jour qu’à l’occasion de longues périodes de fermeture des fosses, notamment en cas de congés ou de grèves, ou encore lorsqu’il était
gravement blessé ou malade. [...]
Les drames et les souffrances dus à la mine
Après la technique, place à l’homme, au mineur qui a beaucoup
souffert. Les catastrophes minières sont recensées : de celle de Bully , le 18 avril 1869, à la dernière en date, le 27 décembre 1974 à Liévin.
Les panneaux expliquent les dangers du grisou et les différentes méthodes de détection, à commencer par le
pénitent qui avançait une flamme à bout de bras pour débarrasser les galeries des poches de gaz au risque de sa vie. Autre volet des drames de la mine : la silicose qui a tué dix fois plus que les accidents et les coups de
grisou. C’est une maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de particules de poussières de
silice. Elle se traduit par une réduction progressive et irréversible de la capacité respiratoire, même après l'arrêt de l'exposition aux poussières. Elle se complique quelquefois d'une
tuberculose. Quand la silicose est reconnue maladie professionnelle en 1945, tout est mis en oeuvre
pour réduire les risques, comme l’injection d’eau dans les murs du front de taille.