Je me souviens (tous les élèves de 3e C et 3e E)
A Elie, qu'il ne nous oublie pas
Je me souviens de la première fois où j'ai compris, devant un miroir, qu'on parlait en ouvrant la bouche.
Je me souviens d'avoir pleuré au moins 43 fois pour Le Roi Lion.
Je me souviens que ma sœur était triste, mais je n'ai pas un souvenir précis d'elle.
Je me souviens de ma tante qui avait neuf ans quand j'en avais six. Elle dormait avec moi, bien que je bouge beaucoup la nuit. J'aimais son odeur lorsque je m'endormais. Elle était gentille, on s'amusait à imiter nos héros préférés.
Je me souviens que le lendemain de la naissance de mon petit frère un "Jordan" a gagné une course de vélo. D'où son prénom.
Je me souviens de ma lapine Lucie, que j'ai tellement serrée dans mes bras, qu'un jour, je l'ai étouffée.
Je me souviens qu'à quatre ans, j'avais menacé ma mère avec un couteau à pain. Résultat : un après-midi contre le mur de la cuisine.
Je me souviens de ma sœur, de la luminosité particulière de sa chambre, jaune, que je squattais ; cela l'énervait, mais moi j'étais toujours là sur son pouf orange dans la petite télé. J'ai toujours aimé la faire chier : je la réveillais le matin en imitant Pokémon dont j'étais un fan inconditionnel.
Je me souviens du jour où nous sommes allés chez les voisins pour voir l'éclipse. On portait tous des lunettes noires pour ne pas "devenir aveugle", disaient mes parents.
Je me souviens des petits déjeuners télé le mercredi matin : toute la famille devant les Razmokets...
Je me souviens de mes peurs : peur de me faire assassiner ou peur de me faire droguer ; ma sœur m'avait raconté l'histoire de L'Herbe bleue et je dormais la couverture plaquée sur la bouche pour que personne ne vienne y mettre du LSD.
Je me souviens de : "It's a beautiful day ! Sun
is coming my way today !", mon émission préférée à cinq ans.
Je me souviens que j'ai toujours aimé collectionner un tas de choses inutiles : des pots de yaourts, des prospectus en japonais ou dans une langue scandinave, des bâtonnets Kidiboo et des jouets Kinder Surprise; Aujourd'hui encore je collection les boules de neige.
Je me souviens des mardis soirs, où ma grand-mère et mes arrière-grands-parents venaient à la maison ; je repartais avec eux, chez eux, pour y dormir. Arrivé là, je me cachais et attendais mon grand-père qui revenait de son travail et me cherchait en prenant une grosse voix, il disait : "Mais où est donc mon goûter ?". Il me trouvait et nous riions à n'en plus finir.
Je me souviens de "Bablades, c'est l'hypervitesse !"
Je me souviens des couleurs des banderoles attachées dans les rues et des confettis lancés en l'air pour fêter le passage de l'an 2000.
Je me souviens des bains que je prenais les mardis soirs chez ma grand-mère. Bains très chauds où je m'amusais à nager la brasse, en répétant que j'étais un poisson.
Je me souviens des permanences du mardi, toutes les 4e étaient là. La surveillante s'appelait Alice, et elle zozotait. Elle n'avait aucune autorité : avec Adrien et Théo, on lui lançait tous nos stylos.
Je me souviens qu'un jour, en sortant de la gare de Fontenay-Le-Fleuri, j'étais sur mon vélo et j'ai descendu les escaliers. Je ne savais pas freiner et je me suis cogné la tête contre le mur. Une femme a crié à ma mère : "Il et mort ! Il est mort !". Ma mère a appelé les urgences, mais je n'avais eu qu'une grosse bosse.
Je me souviens que je haïssais Mary
Poppins.
Je me souviens de ma souris Lé, que ma mère raccommodait au moins une fois par semaine parce que je l'abîmais en dormant. Chaque soir je lui racontais sa vie imaginaire, et je lui confiais la mienne, avant de lui souhaiter bonne nuit et de m'endormir.
Je me souviens de Mme Y., professeur de physique chimie, petite et très dictatoriale.
Je me souviens du petit livre en carton dont je tournais les pages brillantes mais abîmées par le temps et dont une odeur de biscuit s'échappait.
Je me souviens de "Patafix, ça fixe et ça refixe !"
Je me souviens que je jouais au tennis avec mon frère dans la salle à manger, le filet était matérialisé par deux chaises.
Je me souviens que j'allais en vacances chez mes grands-parents sur la Côte d'Azur ; leur maison était tellement grande qu'un jour, je m'y suis perdu.
Je me souviens que j'allais, avec mon papi, à la pêche aux maquereaux qui sont de petits poissons rayés et argentés.
Je me souviens du premier cadeau que j'ai réussi à ouvrir toute seule : c'était une boîte à musique ; il fallait tourner sans cesse la manivelle pour que la musique
redémarre.
Je me souviens de ma gerbille, qui passait par tous les noms : de Choupi à Patate, en passant par Cocotine.
Je me souviens de mon frère qui parfois me faisait mal et me disait : "Ne
pleure pas, sinon je vais me faire gronder."
Je me souviens de "Chukie Cheese ! Where a kid
can be a kid !"
Je me souviens d'avoir joué à l'ordinateur le jour de la finale de la Coupe du monde de football en 1998.
Je me souviens de Coco Lapin, Maître Hibou, Porcinet, Winnie et l'âne dont la queue se détache.
Je me souviens d'Antoine SALOMÉ, mon ami de l'école Félix Faure, que ma sœur appelait "Antoine ET Salomé". Je me souviens des fous rires que nous avions tout le temps pour les sujets les plus divers, de son odeur de fruit, comme une pomme ; je me souviens de courses effrénées et de notre première boum ensemble, à dix ans.
Je me souviens que je mettais les glaces au micro onde pour qu'elles soient moins froides.
Je me souviens du jour où mon frère et moi nous avons jeté le poisson rouge de ma mère dans le puits.
Je me souviens du cours de judo, où j'étais amoureux d'une fille dont je ne connaissais même pas le nom.
Je me souviens de mon déguisement de Zorro que je gardais constamment sur moi. Le soir, quand je devais l'enlever,
c'était presque la crise de nerfs.
Je me souviens de mon professeur des écoles qui
disait tout le temps : "J'ai mal au dos !"
Je me souviens que je faisais les devoirs de mon fère, et même ses punitions,
pour qu'il vienne fair edu vélo avec moi.
Je me souviens de l'élection de Laurent Gbabgo,
nouveau président de la Côte d'Ivoire.
Je me souviens de la sortie de Star Wars Episode III, avec mes amis, nous disions à tous les passants : "ça va la force ?"
Je me souviens, en classe de 5e, du cours de Mme Z. : "C'était la guerre !"
Je me souviens de mon Énième passage aux urgences, pour une blessure que j'ai oubliée, avec mon frère de coeur et d'âme.
Je me souviens des élections et de la victoire de Jacques Chirac : le soulagement que cela a été pour un petit-fils d'émigrant espagnol.
Je me souviens d'une lointaine visite chez le coiffeur, et de ma peur chronique de ce dernier.
Je me souviens de "Ah ! je t'ai cassé
!"
Je me souviens de mon petit frère quand il était encore un petit bébé : je le couvais, je
l'amusais. Je lui donnais le biberon comme à une poupée. Avec ses petites boucles blondes et ses grands bleus, je l'aimais ; je l'aime et je l'aimerai.
Je me souviens que quand j'étais en 6e, les 3e jouaient avec nous au rugby : c'était violent.
Je me souviens de mon premier bisou d'amoureux, au ski, sous une couette, avec Manon, mon amour d'enfance.
Je me souviens quand je pouvais encore monter sur les épaules de mon papa, pendant les longues promenades dans la nature.
Je me souviens de ma nounou, grande, maigre, très forte intérieurement et dépendante au roquefort.
Je me souviens de mon meilleur ami, rencontré tout petit, et perdu de vue depuis.
Je me souviens de ma promenade dans les champs d'oliviers avec mes parents un jour en septembre, puis en rentrant le symbole américain foudroyé par des oiseaux métalliques.
Je me souviens d'un jour de pluie, entre les bras de ma cousine Jeanne, entouré de centaines d'âmes, pour aller enterrer l'une d'elle, ma grand-mère.
Je me souviens de mon déguisement du Roi Lion.
Je me souviens de m'être perdue sur la plage, avec un beignet au Nutella dans la main. Le chocolat dégoulinait sur mon bras, mais c'est seulement quand on m'a retrouvée que je me suis aperçue que le beignet était vide.
Je me souviens que l'été, jusqu'à dix au moins,
je me promenais dans la rue en culotte.
Je me souviens que mes grands-parents ont eu une inondation et que ma botte est restée coincée dans le limon.
Je me souviens de Diego, que je connais depuis qu'on a cinq ans. On était vraiment complice, pendant les récréations, on se racontait nos vies, en en inventant un peu, je crois.
Je me souviens de cet horrible son que faisait mon petit frère quand il n'était pas content.
Je me souviens de :
"Petit Papa Noël ... Tous les cadeaux que je
vois enlève..." 
Je me souviens que mon parrain venait chez nous pour pirater des films, car il est informaticien.
Je me souviens d'Erika, ma pire ennemie.
Je me souviens d'un jour au CE2, on a fait des gâteaux pour "Les Restos du Coeur", et ensuite Paul, Antoine et moi, on est restés à la récré pour lécher tous les plats.
Je me souviens de cette chienne que nous avions, qui est tombée un jour dans un puits ; on nous l'a ramenée à la maison, mais elle est morte d'épuisement peu après.
Je me souviens de mon tonton qui vendait des œufs et qui se déplaçait en scooter. Moi aussi je voulais faire "oeufier" quand je serais grand, mais mes parents me disaient que cela n'existait pas. Il était aussi l'entraîneur de l'équipe de Water Polo de Montpellier ; c'était une star, mon tonton.
Je me souviens d'avoir été obligée de faire plein de choses que je ne voulais pas faire.
Je me souviens que, pour la Coupe du monde de football, on était chez les voisins et que ma mère m'avait dit "de ne rien dire", car ils étaient brésiliens.
Je me souviens que j'allais chez mon tonton Roland qui nous faisait des crêpes avec de la confiture d'abricot : c'était moelleux, sucré et fondant.
Je me souviens que le soir avant de m'endormir, je me racontais des histoires et que je faisais même les bruitages. Ma mère me demandait d'arrêter.
Je me souviens du vieux pont sur le Lez qui a été englouti lors d'une des
inondations.
Je me souviens que ma maman me mettait de la crème solaire sur le visage, et qu'après j'étais toute blanche.
Je me souviens de la maison en carton que mon père m'avait fabriquée, dans laquelle j'écoutais Johnny Hallyday :
"Oh Marie, si tu savais
Tout le mal que l'on me fait
Oh Marie, si je pouvais
Dans tes bras nus me reposer"
Je me souviens de mon arc en bois que mes frères m'avaient acheté pour mon anniversaire : je me suis pris pour Legolas pendant plusieurs
mois.
Je me souviens d'un amour impossible : c'était une fille bien plus grande que moi, d'au moins quatorze ans ; et un jour j'ai vu mon grand frère l'embrasser : j'étais très triste.
Je me souviens de rébellions et de guerre en Côte d'Ivoire. Quand on a dû être évacués, mon père était au Sénégal. On était à la maison, avec Serge et Françoise ; à un moment, je suis allée dans la salle de bain, et il y a avait trois pistolets alignés sur une tablette. Après, les militaires français nous ont amenés au BIMA, le camp militaire. Les adultes avaient peur ou ils étaient tristes ; moi je ne me rendais pas très bien compte de ce qui se passait.
Je me souviens de l'épicier qui me faisait peur car il ne souriait jamais.
Je me souviens du gros mot que je disais sans arrêt au grand désespoir de maman qui avait essayé de me le faire remplacer par "Eh bien dis donc !" ; ce que j'avais transformé en "Eh bien dis donc p... !"
Je me souviens d'un langage mystérieux que j'avais inventé avec Maman.
Je me souviens de la joie que j'ai ressentie quand on m'a dit que je passais en 6e.
Je me souviens de la fois où j'ai vu ma mère pleurer dans la salle de bain : elle avait
appris la mort de ma cousine Lisa, qui avait quatorze ans.
Je me souviens que je voulais devenir maîtresse.
Je me souviens de m'être coupé la frange toute seule, parce que je détestais ma coiffure.
Je me souviens que pour mon anniversaire mes parents m'ont offert 14 ans et je suis détestable. L'héroïne était grosse et moche et elle s'appelait comme moi. Mais ils ne l'avaient pas fait exprès
Je me souviens quand j'avais dit : "Regarde,
maman, les oiseaux qui picolent !" , cela avait fait rire ma mère, et je ne comprenais pas pourquoi .
Je me souviens de mon stage d'intégration en 6e, on a fait une marche de huit heures dans la montagne car on était perdus.
Je me souviens que maman, un mardi, est venue me chercher à l'école, et elle m'a annoncé que les tours jumelles s'étaient effondrées ;
elle ne faisait que répéter : "c'est horrible, c'est horrible !"
Je me souviens, en CM2, de la punition que j'ai eu à faire signer par mes parents, donnée par le maître (mon père).
Je me souviens des pâtisseries Scholler que mon arrière-grand-mère apportait au dessert, je me jetais sur ces incroyables gâteaux au chocolat.
Je me souviens de mon chien Rox, qui a fait fuir un chien de chasse qui s'était introduit chez moi : ceux qui aboient beaucoup, presque autant que leurs maîtres.
Je me souviens que je fondais en larmes, chaque fois que, dans Le Roi Lion, le papa mourait en tombant de la falaise.
Je me souviens que mon père a été fier de moi le jour où j'ai été champion de Pétanque de l'Hérault.
Je me souviens que pour les élections de Jacques
Chirac mes parents n'étaient pas d'accord. Tout le monde se disputait, et moi je n'y comprenais rien.
Je me souviens de Lucas, de notre complicité, de nos fous rires, de nos disputes, de nos câlins. Même si parfois il se moquait de moi, il m'aimait. Il me défendait dans toutes les circonstances.
Je l'admirais, c'était mon exemple. J'allais dans son lit et nous passions des heures à nous raconter des histoires, que nous seuls comprenions, mon grand frère et
moi.
Je me souviens de mon frère : on se bagarrait. Maintenant il est parti aux États-Unis, je suis enfin libre.
Je me souviens que tous les samedis et les dimanches, je me levais pour voir Pokémon, et après je criais toute la journée : "Pokémon, Pokémon, attrapez-les tous !"
Je me souviens de mon anniversaire gâché par ma belle-mère : comme quoi elle n'est pas ma mère, et c'est encore heureux !
Je me souviens de m'être lavée au dissolvant, que j'avais confondu avec le gel douche.
Je me souviens de mon frère que je voulais toujours imiter, ce qui l'énervait au plus haut point. Lorsqu'il a commencé la gym, j'ai voulu en faire aussi. Quand il regardait une chaîne de télévision, cela devenait ma chaîne préférée. Et lorsqu'il jouait avec ses jouets, je voulais jouer avec lui, mais lui ne voulait pas souvent.
Je me souviens de maman à l'hôpital, proche de la mort. Je pleurais, mais je ne savais pas pourquoi. On me disait qu'elle était en vacances. Après elle est revenue.
Je me souviens du concert de Lorie où je me déchaînais sur "Week-end ":
"ça y est, c'est le week end
On veut des happy end
On chantera ensemble sur ce thème..."
Je me souviens de mon premier amour : il m'avait
offert des play-mobils.
Je me souviens de m'être promené seul, un jour dans la forêt, alors que la pluie tombait à pleins seaux.
Je me souviens du premier jour que j'ai passé à Disneyland et où Donald m'avait serré dans ses bras, ce qui m'avait déplu car il sentait la cigarette et la transpiration.
Je me souviens des promenades dans la garrigue, avec mes chiens Bubu et Lilie : j'ai encore en mémoire l'odeur parfumée de la nature, et le silence.
Je me souviens, en classe de neige, de la terrible chambre 21 (infestée jusqu'au fond des WC). Dans cette chambre, avec Philippe et moi, il y avait Z-le-Maudit. Même Monsieur X. ne pouvait plus le supporter. Un jour il l'a enfermé dans les toilettes en disant : "ça fait du bien, quand ça s'arrête, hein les garçons ?" Un autre jour, il lui a mis un coussin sur la tête, en répétant la même phrase. A cause d'Z-le-Maudit, Philippe s'est retrouvé à minuit dans la couloir, face au mur, pendant un bon moment.... Même le voisinage peut témoigner (voir Ghislain) H. ne mangeait jamais, ne dormait jamais, n'aimait jamais rien et se plaignait tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps.
Je me souviens de Maria
Suzana :
"Elle a débarqué dans la classe,
Un vrai courant d'air !
Drôle de dégaine et drôle de race,
Un matin d'hiver..."
Je me souviens de mon voyage en Turquie, de l'amie que je m'étais faite, et des vies
imaginaires que l'on s'inventait, dans les lieux les plus improbables.
Je me souviens des après-midis passées au zoo, à attendre de voir le guépard, qui me passionnait ; les singes, eux, m'ennuyaient.
Je me souviens de mon vélo rouge : il allait très vite.
Je me souviens du jeu Adibou sur l'ordinateur
Je me souviens de ma compétition à Tours. Nous étions partis en bus, et j'étais la seule à ne pas avoir de parents avec moi.
Je me souviens de l'épiphanie à la maternelle : le garçon qui avait eu la fève ne voulait pas choisir de reine.
Je me souviens que, petit, j'ai rencontré Jacques Chirac, au salon de l'agriculture à Paris. Il m'a paru gigantesque. Après cela, j'allais raconter à tout le monde que le président m'avait serré la main, au milieu des vaches.
Je me souviens que lorsque je mettais mon serre-tête avec un nœud dessus, mon oncle disait : "On dirait un œuf de Pâques".
Je me souviens de cette publicité pour les poissons panés, que j'adorais et que je répétais tout au long de la journée : "Croustibat, qui peut me battre ?" Ce qui avait le don d'énerver ma sœur.
Je me souviens de l'école maternelle et de mon premier baiser avec Sofia, derrière les jeux. Nous étions très contents, ce n'était pas un baiser de cinéma, mais bon, c'était bien pour notre âge.
Je me souviens que j'étais le plus petit de la famille, et que j'étais martyrisé par ma sœur et mes cousins. Ce n'était pas méchant, comme de m'enfermer dans les toilettes ou de me prendre mon goûter et de le me cacher ; mais j'ai souvent pleuré.
Je me souviens de mon jouet préféré : c'était un Action Man, avec toute sa panoplie, comme son costume de cosmonaute ou celui de plongeur.
Je me souviens que pour les élections présidentielles, ma mère était pour celui qui avait
les cheveux blancs et quand Chirac a gagné, elle a dit : "Ah ! non, pas lui !"
Je me souviens qu'avec mon père et ma sœur on est allés écouter le concert de Lorie, et que mon père avait l'air de s'ennuyer.
Je me souviens qu'avec Adrien, mon amoureux, on avait bu tous les produits du placard de la cuisine"par le nez". On avait trouvé cela très bon, mais quand ma mère nous avait vus, on s'était fait bien gronder.
Je me souviens qu'un jour j'ai été malade ; je suis restée à la maison et j'ai regardé la télé. Et puis à un moment, mon père est arrivé et il m'a dit qu'il était malade lui aussi : alors on a passé toute la journée tous les deux devant la télé.
Je me souviens de ma très grande peur du bruit de la chasse d'eau des WC.
Je me souviens qu'en 2003, à Noël, il y avait presque toute la famille, et que ma sœur m'avait déguisé, comme elle, en princesse. Le matin, je suis venu à l'aube pour voir les cadeaux, mais mes parents m'ont dit que le Père Noël était un peu en retard, alors je suis reparti me coucher.
Je me souviens que quand ma sœur est née, j'avais deux ans et demi, et j'ai boudé pendant une semaine.
Je me souviens des 2 be 3 et de leur chanson que j'adorais :
"Partir un jour sans retour
Effacer le passé...."
Je me souviens que je suis revenue de chez l'orthodontiste, avec un appareil dentaire en haut et en bas, mon frère m'a demandé de sourire, et je l'ai fait. Alors il m'a dit que je ressemblais à un robot et papa l'a puni.
Je me souviens que lorsque je disais à ma mère que j'avais faim, elle me disait : "Mange ta main droite et garde l'autre pour demain."
Je me souviens que lorsque je me disputais avec mes cousines, et que j'étais fâchée contre elles, je mettais des cailloux dans leurs chaussures.
Je me souviens de la fois où mon père a essayé de tuer un sanglier avec une boule de pétanque, et qu'il l'a raté.
Je me souviens de lui, et il me manque.
Je me souviens d'elle, et elle me manque.
Je me souviens d'eux et ils me manquent.
Je me souviendrai de lui, il me manquera.
Je me souviendrai d'elle, elle me manquera.
Je me souviendrais d'eux, ils me manqueront.
"Je me souviens" c'est aussi la devise du Québec, où je pars très bientôt pour toujours. (Elie)
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